Infinis d’Asie – Jean-Baptiste Huynh

De beaux portraits, rien de plus, rien de moins, c’est ce que nous offre à voir la rétrospective du photographe Jean-Baptiste Huynh au Musée Guimet, jusqu’au 20 mai 2019. Pas de fioritures, pas de tragique, tout juste une pointe de sensualité discrète : less is more.

Quête de visages

La première image de l’exposition, c’est celle d’une aile d’avion, celle que l’on a tous pris depuis notre hublot, en touriste qui se respecte. Mais Jean-Baptiste Huynh n’est pas un touriste ordinaire. Ses voyages en Asie sont une quête identitaire pour découvrir « l’origine de mon visage » dit-il. Lui qui adolescent avait joué un petit rôle aux côtés de Catherine Deneuve dans Indochine, voulait retrouver ce pays mythifié et faire le portrait de ses habitants.

À l’entrée, des visages juvéniles, lisses comme la surface de pierre polie. Sur le mur d’en face, des visages matures aux traits graphiques mais non-moins sereins. On est saisi par la simplicité et la profonde humanité qui se dégagent des œuvres. Jean-Baptiste Huynh est un portraitiste de talent.

Jean-Baptiste Huynh, Infinis d'Asie, Musée Guimet.

Portraits d’hommes et d’objets

“Je photographie toujours une seule personne, je la sors de son contexte social, je choisis l’axe de la lumière… C’est un travail sur l’intériorité de cette personne, tout passe par les yeux”

Des yeux qui, dans le studio-photo face aux lumières artificielles, sont couverts de reflets brillants, comme des billes ou des objets précieux émaillés.
À la fin du parcours, ce sont les céramiques du musée Guimet, photographiées du dessus, qui au contraire semblent nous regarder comme des iris. Huynh portraiture aussi des objets antiques. Oui portraiture, car il met en place le même cadrage serré et la même lumière en clair-obscur pour tous ses sujets, humains ou inanimés. Objets et personnes sont placés en regard dans cette exposition, amenant à une comparaison visuelle et formelle.

Vue de l'exposition Infinis d'Asie - Jean-Baptiste Huynh, 20 février - 20 mai, Musée Guimet. Photographie: Samuel Landée.

Du cosmétique au cosmique

La dernière salle de l’exposition est un hommage à la beauté féminine. Les modèles sont photographiés à travers le reflet de miroirs abîmés, projetant sur l’image une constellation de points. Alors, cette beauté toute humaine se mêle à l’immensité du cosmos.

Vue de l'exposition Infinis d'Asie - Jean-Baptiste Huynh, 20 février - 20 mai, Musée Guimet. Photographie: Samuel Landée.

L’esthétique de l’œuvre de Huynh se veut séduisante, souvent sans défauts, presque publicitaire.
Nous, spectateurs de l’exposition, on ne réfléchit pas, ou à peine. Ce n’est pas le but. En revanche on se plonge dans une contemplation, une satisfaction du regard. On atteint un état de nirvana à l’image de ces têtes de Bouddha du musée Guimet, au sourire un peu béat, qu’il portraiture à l’infini.

Vue de l'exposition Infinis d'Asie - Jean-Baptiste Huynh, 20 février - 20 mai, Musée Guimet. Photographie: Samuel Landée.

Samuel Landée

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